
Des créateurs spécialisés dans le détournement de jouets
L’idée d’un détournement d’objets est plus ou moins constitutif de l’acte de création. Ce n’est donc pas à proprement
parler une nouveauté. Prendre des objets qui furent, un jour, créés par d’autres, pour un usage particulier, et en faire un objet d’art, quelque chose de différent, parfois étonnant, parfois
provocateur, parfois totalement inutile mais franchement ludique... L’art contemporain a posé les bases du détournement, avec l’œuvre de Duchamp, par exemple.
Chez Zigouzis, on trouve entre autre créations, des jouets
pour enfants et des bijoux pour adultes. Aujourd'hui on y trouve aussi des bijoux pour adultes d'aujourd'hui créés à partir de jouets d'enfants...
La vue de jouets tels que Barbie, Lego, Playmobil, Kinder surprise,
Space Invader, figurines et p'tites voitures éveille souvent chez les adultes les tendres heures de leur enfance. Alors quand des créateurs hantent greniers et brocantes pour détourner
ces jouets, souvent vintage, en bijoux regressifs, drôles et plein de souvenirs, l'émotion est véritable...
Venez admirer chez
Zigouzis la mini expo (à la taille de ma petite boutique) où une centaine de bijoux ludiques et régressifs attendent d'être reconnus et adoptés. Une idée décalée de cadeau pour toutes
les occasions, et pourquoi pas pour la Saint-Valentin ?
MoniaLisa
MoniaLisa, Monia
pour les intimes, est une fille qui a toujours bricolé bijoux, sacs et autres accessoires de fille dans son coin et qui décide il y a quelques mois de se lancer… avec des collections de
bijoux originaux. Des séries romantiques avec petits nœuds délicats, des colliers modulables à l’envie, tantôt écharpes, sautoir ou même ceintures…
Et puis il y a les Lego et Playmo, qu’elle transforme en broches, solitaires ou gourmettes romantiques… Agrémentés de fleurs, paillettes, les briques de notre enfance sont une source d’inspiration inépuisable.
Les bijoux de MoniaLisa sont des pièces uniques, parfois datés des années soixante-dix, et dénichés sur les marchés aux puces ou chez les brocanteurs de Berlin, Paris ou Montréal…
Fille de noeuds
Anne Charlotte
Vovard, alias Fille de noeuds, est une graphiste qui aime jouer avec les images et les matières. Webdesigner, la machine informatique et ses codes sont devenus ses amis, mais souvent ils se
brouillent, et elle se réfugie alors vers ses bijoux-joux.
Concepts chéris : détournement, réappropriation, personnalisation, personnification. Emblème adoré : Le nœud, de fil, de ficelle, de satin, d'organza, de soie. Le nœud qui s'emmêle, le nœud qui noue, le nœud qui cou, le nœud qui habille les filles et le nœud qui file.
Toys in the Attic
Toys in the
Attic, c'est l'histoire de deux amies, Iris et Charlotte, qui sur un coup de tête, décident de créer leur marque de bijoux trash à base de Playmobil, Barbie, Lego, petites
voitures...
Toutes deux créatives - école de mode pour l’une, école de design et d’architecture d'intérieur pour l’autre - elles créent de drôles de bijoux sous la marque Toys in the attic en hommage à Aerosmith et à sa chanson du même nom.
Fans de rock, les deux punkettes subissent le « syndrome de Peter Pan » : fouillant le grenier des parents ou les brocantes afin de trouver des petites merveilles à exploiter! Tout simplement!
Tamamobylette
Mauve, la
créatrice de Tamamobylette, est une toute jeune créatrice qui propose depuis quelques mois avec succès des bagues Lego aussi rigolotes qu’inattendues.
Actuellement partie suivre des études aux Canada, elle y déniche des Lego vintages qu’elle recycle pour que les fashion victims d’aujourd’hui portent au doigt un p’tit bout de leur enfance, un souvenir de leur passion d’hier pour les célèbres p’tites briques.
Car elle coud des orties
Le fil conducteur
du travail de Karelle est celui de la recherche obstinée de l'équilibre, du cadrage : « tout est ossature et structure. Mon besoin de travailler sur la couleur ne s'exprimant pas
pleinement en me cantonnant à la peinture, j'ai intégré la sérigraphie dans mon travail et c'est par ce biais que j'ai glissé à la couture ».
Car elle coud des orties est la marque d’un atelier laboratoire où naissent de la passion de l’artiste des créatures en toutes petites séries ou souvent des pièces uniques…des bijoux ludiques, objets de notre enfance, un peu décalés pour bousculer le quotidien, des bijoux vus aussi comme des « objets figés » en installation ou décoration, ou même comme concept d'invitation à la rêverie ...
Inspirée des dentelles, des traces du passé et de matières telles que la gaze, le crochet ou les tissus, Car elle coud des orties a de quoi vous surprendre…
El punto 76
Deux
personnalités complémentaires et indissociables : Judith, dénicheuse de tendances et Emmanuel, créateur. Les deux compères décident de lancer El punto 76 en novembre 2007.
« Ce sont les lieux et les rencontres qui inspirent nos différentes lignes de bijoux... Quoi de plus naturel que de jouer avec des Legos en Scandinavie, ou avec des effigies de Ganesh en Inde... ? Nos collections évoluent au gré de nos voyages et de nos inspirations ».
The " le truc" project
Ex-rédactrice de
mode (Madame Figaro, Rosebuzz magazine...) , Sandrine Leÿs a quitté Paris pour s'installer au bord de la mer. Pour avoir enfin le temps et l'espace de se lancer dans un projet qui la taraudait
depuis tant d'années... The « Truc » project.
Le Truc est une marque qui lui permet d’exprimer ses envies du moment : l'été dernier, des robes à smocks 70’s, cet hiver, les broches Space Invaders et les p’tites voitures à strass...
Sandrine adore travailler sur le détournement d’objets. « Je ne propose que des petites séries car je fabrique tout moi-même et milite activement contre l'uniformisation. J’aime proposer des pièces uniques à petits prix, car le Luxe ne doit pas avoir l’apanage de « l’Unique ». Ainsi, je fabrique chaque broche Space Invaders à la demande pour que chacun puisse laisser libre cours à son imagination dans le choix des couleurs ».
Les prétextes de cette mini exposition
Les 35 ans de Kinder, les oeufs
qui font craquer toute l'année
L'exemple Kinder,
montre l'excellente entente et la puissance de l'Axe Italo-germanique, qui a convoyé des milliers d'œufs tout au long des années 30/40.
En 1974, Michèle Enünguen, jugeant les ventes trop saisonnières, entreprit de fabriquer, aux lendemains de Pâques, des œufs en chocolat dont la consommation ne se limiterait plus à la seule période pascale, et qui comme les œufs traditionnels contiendraient une mini-surprise.
Ainsi est né au printemps 1974, l'œuf Kinder surprise, avec le slogan : « Toute l'année le plaisir en plus ».
Au début, la surprise, de type gadget, était un simple assemblage de petites pièces en plastique jaune. Mais au fil de temps, les surprises sont devenues de plus en plus sophistiquées, au point que certains collectionneurs s'y sont intéressés, allant jusqu'à recourir à des bourses d'échanges et des ventes aux enchères, créant ainsi une véritable kindermania.
Après avoir utilisé des "surprises" achetées sur le marché libre, la filiale allemande de Enünguen commença en 1987, à l'initiative de son chef de développement H. Mann, à employer sous licence des personnages connus issus entre autres de séries télévisées telles que Tao Tao, Maya l'Abeille, Donald Duck, South Park, The Simpsons, les Aristochats ou Mickey Mouse,... et dont les modèles furent dessinés par le spécialiste d'adaptation de personnages sous licences Ermand Franz, à qui fut confié, à partir de 1987, la création de toutes nouvelles séries inédites telles que les Bingo Birds, Dapsy Dinos, Peppy Pingos, Elephantos et autres Pinky Piggys. Ses Happy Hippos devinrent si populaires à l'échelle mondiale que Enüngen s'en servit pour promouvoir plusieurs de ses autres spécialités chocolatières et même créer plusieurs nouveaux produits portant leurs noms.
Les 40 ans de Playmobil : en avant les histoires !
Dès 1970, Hans
Beck (né le 6 mai 1929 en Thuringe et décédé le 30 janvier 2009) , chef de la création de Geobra-Brandstätter à Dietehofen, près de Nuremberg, a commencé à élaborer un univers
de jouets totalement nouveau.
Présenté au Salon du jouet de Nuremberg en 1974, Playmobil a connu un succès immédiat à tel point que Geobra est devenu le premier fabricant de jouets d’Allemagne.
Geobra Brandstätter est une entreprise spécialisée dans les jouets. Début des
années 1970, avant le choc pétrolier, elle produit des jouets en plastique relativement volumineux (caisse enregistreuse, tracteur à pédales).
Face à l'accroissement du prix de la matière première, elle décide de fabriquer des jouets plus petits. C'est alors que Hans Beck a l'idée de créer des figurines, accompagnées d'accessoires. Il fait tester les prototypes à ses neveux et nièces, qui adorent.
En 2007, on estimait à plus d'un milliard et demi le nombre de figurines vendues dans le monde depuis la création de la marque.
Description
Les jouets Playmobil sont à base de petits personnages et de tout leur environnement, moulés en ABS, un plastique particulièrement résistant. Les modèles sont de plus en plus nombreux et de plus en plus élaborés.
Il existe également une version de Playmobil davantage orientée vers les plus
jeunes, appelée Playmobil 1-2-3. Ces jouets sont plus appropriés pour les jeunes enfants, car ils ne contiennent pas de petits objets que ces derniers pourraient accidentellement
avaler.
Slogan
Le slogan de Playmobil en France est : « Playmobil, en avant les histoires ! »
Anecdote
En France, les premières générations de personnages Playmobil étaient appelés Klickys. Ainsi des autocollants furent édités à la fin des années 70, présentant un bonhomme spécifique (cow-boy, indien, etc), avec le slogan « Klicky, le vrai. ». Les boîtes de Playmobils portaient aussi un logo précisant le nombre de personnage contenu à l'intérieur (par exemple : « 2 Klickys »)
Les 50 ans de Barbie, la poupée qui n'a jamais prix une ride !
Barbie approche
des 50 ans, cinquante années pendant lesquelles où Mattel a vendu des centaines de tenues différentes, des aventures et péripéties dignes des grands héros. Mais aujourd'hui, elle est confrontée à
la concurrence et aux détracteurs.
Accusée de déformer l'image de la femme chez les petites filles et de favoriser l'anorexie, talonnée par une concurrente et confrontée à une chute inexorable des ventes, la poupée Barbie aborde la cinquantaine avec difficulté.
Née Barbara Millicent Robert le 9 mars 1959 à Willows, dans le Wisconsin (nord), le jouet-mannequin de 29 centimètres de haut, aux jambes interminables et à la poitrine trop haut perchée pour être naturelle, a battu tous les records après avoir causé la stupeur à une Foire aux jouets à New York cette année-là. On était loin des poupons en celluloïd aux cuisses potelées.
Avec 300 000 exemplaires achetés dès 1959, ce jouet le plus vendu au monde selon les études de marché a inspiré plus de 70 créateurs, dont les plus célèbres. Son fan club compte 18 millions de membres, elle socialise sur Facebook et MySpace, elle a révolutionné le monde des enfants et celui des parents qui ont essayé en vain de lui résister.
Des femmes qui ont grandi à l'est du rideau de fer avouent avoir rêvé d'une Barbie jusqu'à l'âge adulte et beaucoup de mères de famille sont encore fières de leur collection.
Semaine de la Mode
La Semaine de la Mode qui s'ouvre à New York le 12 février a programmé un événement où "cinquante stylistes célèbreront Barbie comme icône de mode, et présenteront un défilé tri-générationnel (Passé, Présent et Futur)", selon un communiqué. Le chausseur français Christian Louboutin répondra des chaussures.
La créatrice Vera Wang a ainsi dessiné une robe de mariée qui sera vendue 15 000 dollars dans sa version grandeur nature. La poupée portant la même robe coûte 159,99 dollars chez "Toys"R"Us", le magasin de Times Square où Barbie a droit à un coin entier, transformé en palais où le rose domine.
Le fabricant de jouets Mattel, "père" de Barbie, vient de signer un contrat avec l'Association des créateurs américains. Sa présidente, Diane von Furstenberg, voit en Barbie "une femme indépendante et confiante, dotée d'une étonnante capacité à s'amuser tout en restant élégante".
La maison d'édition Assouline publie un ouvrage intitulé "Barbie", qui sera vendu 500 dollars et montrera la poupée blonde en Prada, Karl Lagerfeld ou Alexander McQueen.
Elle a tout fait
Pour ses 108 professions, Barbie a eu tous les costumes et accessoires assortis --1 milliard de vêtements selon son site officiel-- notamment un uniforme approuvé par le Pentagone lorsqu'elle s'enrôla dans l'armée américaine en 1989.
Après ses "looks" à la Grace Kelly des années 1960, elle écuma Woodstock dans les années 1970, devint femme d'affaires dans les années 1980 et se présenta à la Maison Blanche en 1992. Puis, faisant couler des flots d'encre, elle rompit avec son fiancé Ken en 2004.
Mais au-delà de sa vie de couple, Barbie elle-même est en danger. Ses ventes ont encore chuté en 2008, pour la septième année consécutive depuis l'apparition de sa concurrente Bratz, une poupée à la tête et aux yeux démesurés et aux tenues dévoilant le nombril -- un attribut dont Barbie n'est dotée que depuis 2000.
Mattel estime détenir les droits sur ce produit, créé pas un ancien salarié et lancé en 2001 par MGA Entertainement. Les procès à rebondissements donnent la victoire tantôt à l'un et tantôt à l'autre.
Loin d'être au bout de leurs peines, Barbie et son fabricant vont devoir affronter la parution imminente de "Jouet-Monstre: le grand méchant monde de Mattel". L'auteur de ce livre, Jerry Openheimer, y révèle les turpitudes sexuelles de Jack Ryan, l'ingénieur qui a façonné Barbie et Ken.
(C.V. avec Belga)
Les 60 ans de Lego : la p'tite
brique de toutes les constructions
En 1916, Christiansen ouvrit une charpenterie à Billund,
gagnant sa vie en construisant des maisons et des meubles pour les fermiers de la région, avec l'aide d'un petit groupe d'apprentis.
Son atelier brûla en 1924 quand un incendie, allumé par ses deux jeunes fils, enflamma quelques copeaux. Nullement découragé, Ole Kirk considéra le désastre comme l'occasion de construire une charpenterie plus vaste et d'augmenter son chiffre d'affaires.
Cependant, la Grande dépression eut un impact non négligeable sur ses revenus. En cherchant des méthodes pour réduire ses coûts de production, Ole Kirk commença à produire des versions miniatures de ses produits pour l'aider dans la phase de conception. Ce furent ces modèles réduits qui allaient l'inspirer pour commencer à fabriquer des jouets.
L'atelier commença à construire des jouets à tirer en bois, des cochons-tirelires, des voitures et des camions. Il eut un succès limité, car les familles étaient pauvres et souvent dans l'impossibilité d'acheter ces jouets. Les fermiers des environs échangeaient parfois de la nourriture contre ses jouets. Ole Kirk se rendit compte qu'il devait continuer à produire des objets utiles en plus des jouets pour maintenir son entreprise. Au milieu des années 1930, le bref engouement pour le yo-yo lui fournit une période d'activité, jusqu'à sa fin soudaine. De nouveau, Ole Kirk tourna cet incident en sa faveur, transformant les composants du yo-yo en roues. Son fils Godfred se mit à travailler dans l'entreprise.
Lorsque l'usage du plastique se répandit, Ole Kirk se mit à la page et commença à produire des jouets avec ce nouveau matériau. L'un des premiers jouets modulaire était un camion qui pouvait être désassemblé puis remonté. Ce ne fut qu'en 1949 que les briques à « plots », qui font aujourd'hui l'image de la société, furent développés. Ces « briques à assemblage automatique », faites en acétate de cellulose, étaient conçues dans l'esprit des blocs en bois traditionnels qui pouvaient être assemblés. Le concept révolutionnaire, cependant, était que ces briques en plastique pouvaient être « verrouillées » ensemble. Elles ont plusieurs « plots » au sommet, et un fond avec des trous carrés correspondant. Elles adhéraient ensemble mais pas trop pour pouvoir être séparées. En 1953, les briques eurent un nouveau nom : LEGO Mursten, ou « briques LEGO ».
L'utilisation de plastique pour les jouets était peu estimée par les détaillants et les consommateurs de cette époque. De nombreuses livraisons furent retournées suite à des ventes insuffisantes : on pensait que les jouets en plastique ne pourraient jamais remplacer ceux en bois. En dépit de ces critiques, cependant, les Christiansen persévérèrent. En 1954, Godfred était devenu le responsable de la fabrication.
Ce fut sa conversation avec un acheteur étranger qui lui fit entrevoir l'immense potentiel que représentait un « système » complet, mais les briques avaient encore quelques problèmes techniques : leur aptitude au « verrouillage » était limitée, et elles n'étaient pas très polyvalentes. C'est en 1958 que la brique contemporaine fut développé. Elle fut améliorée avec des tubes creux dans la partie inférieure. Cela ajouta du support dans la base, permettant une adhérence détachable bien meilleure, tout en élargissant la palette de possibilités.
La même année Ole Kirk mourut et Godfred hérita de la direction de la société.
Martine Camillieri,
spécialiste du détournement d'objet
Martine Camillieri, plasticienne, détournement du quotidien / poétique de l'ordinaire / design
éphémère
Martine Camillieri, plasticienne et auteur, pionnière en matière de détournement et de recyclage, propose des façons ludiques de consommer notre quotidien. Elle écrit des modes d'emploi, pour inciter les gens à pratiquer une écologie ludique (Tables éphémères, Jouets détournés, Petite cuisine au fond du jardin, Détourner les emballages...), travaille autour du comestible et du nomadisme des utilités. Parallèlement elle réalise un travail artistique décalé, sous forme d'installations d’objets (Autels Oniriques Ironiques), pointant les phénomènes de notre société de consommation. Ou sous forme de photographies d’ objets trouvés, plastic Eiffel, les Camions-bidons ou Slow-design. Ces photos ont été remarquées au Festival international de l'image environnementale (Fiie) puis montrées aux Rencontres photographiques d'Arles 2008 dans le cadre d’une projection collective.
Martine
Camillieri, vit et travaille à Malakoff.
Née en1949. Enfance en Asie. ENSAD / Villa Arson. Grandes agences de publicité.
2000, elle quitte le monde de la publicité pour entamer une deuxième vie, dans laquelle la consommation prend moins d'importance, elle réfléchit sur l'écologie, le recyclage, la biodiversité. Ma
minuscule mission écologique est de militer pour limiter l'objet sur terre. L'objet n'existe pas vraiment, il n'est qu'une brique de lego, interchangeable à l'infini, qui n'a de réalité
intéressante que lorsque nous lui donnons une fonction affective.
2000. Crée La Périphérie (lieu d'exposition pour jeunes artistes) avec Bernd Richter.
2000. Travaille à ses premiers manuels sur l’écologie ludique.
2002-2006. Expose ses premières installations à Milan, puis à Tokyo, Paris...
2006-2007. Design éphémère. Printemps Beaubourg, Maison des Arts (Malakoff).
2008- Photographie. Camions-bidons, Plastic-Eiffel.
2009 www.objets-perdus.net Mise en ligne d’un site de gardiennage virtuel d’objets perdus, faisant aussi office de vitrine de photographies.
Représentée à Tokyo (Galerie Doux dimanche), à Paris (fraich'attitude) et (Arty Dandy, galerie Magda Danysz).
Ma démarche
Mon travail artistique est une suite de petites expérimentations destinées à sur-enjoliver l'ordinaire. C'est
aussi une démarche écologique puisque l'idée est de proposer une deuxième vie, ou de multiplier les fonctions des objets de grande consommation par le biais du détournement, ceci à fin de limiter
leur nombre sur terre. Mon intervention est infime, elle est de simplement regarder, détourner, assembler, empiler ou retourner des objets qui nous sont proches, avec humour ou tendresse pour en
obtenir d'autres qui ré-enchanteront un moment, de notre quotidien.
(Le fait que tout soit installé sans être assemblé, réalisé sans outil, sans modification et sans détérioration fait que ce nouveau statut des objets est un état éphémère qui leur permet à tout
moment de revenir à leur fonction initiale ou de repartir plus loin encore, une sorte de nomadisme des utilités.)
Entre-voir / Marie Gayet 2008
Saisir la beauté des choses simples et éphémères, jouer avec les objets, les détourner de leur fonction
première, leur redonner une nouvelle vie, accomplir des gestes bienveillants pour une écologie douce, questionner nos pratiques de consommation souvent aliénantes, proposer des alternatives
astucieuses, joyeuses et colorées, l’ensemble foisonnant du travail de Martine Camillieri prend valeur d’action pour le quotidien et de pensée sur le temps présent. Chacune de ses réalisations
est à recevoir comme un petit traité de sagesse du monde moderne. Que nous pourrions appliquer à la lettre tant elle paraît à la portée de tous.
Chistophe Spotti, directeur de la galerie Fraich'attitude
"Avec humour et poésie, l'artiste fait preuve d'ingéniosité pour réinventer formes et matières : accessoires pour la maison, objets détournés mais toujours inspirés par l'univers gastronomique! Un nouveau design à découvrir. Chaque fois qu'elle expose, Martine Camillieri sait créer l'événement. Son humour attire, son inventivité surprend. Elle n'existe pas, elle s'impose. Ses créations sortent du lot, tant par l'exécution que pour la qualité de fabrication. Et cette singularité est une force! L'éventail de sa production est largement ouvert, la liberté et la drôlerie donnent une cohérence à l'ensemble. Autant de thèmes et d'univers qui lui permettent de porter un regard sur la vie et sur l'utilisation des objets. Ses créations marient caractère fonctionnel et ironie en valorisant des matériaux qui sont considérés de rejet, voire de remplacement, en réussissant, ainsi, à les réinventer. Un univers pop, coloré, gourmand, astucieux et ludique, étonnant de réalisme. Martine Camillieri cultive l'art de la drôlerie, comme une politesse qui tenterait de faire oublier la démarche réfléchie qui guide son travail."
Réflexions artistiques
Installations, Les
autels et les temples, Re-play
Ces installations, souvent sous forme d'autels, sont des questionnements sur des phénomènes de société. Les objets qui les composent sont des objets basiques de grande consommation,
l'intervention est de les regarder, détourner, assembler, empiler ou retourner afin d'en obtenir d'autres. Tout étant installé sans outil, modification ou détérioration fait que ce nouveau statut
des objets est un état éphémère (qui leur permet à tout moment de revenir à leur fonction initiale ou de repartir plus loin encore, une sorte de nomadisme des utilités). Après l'exposition, les
objets retournent à leur place.
Re-play : Donner une deuxième vie à de objets qui n'en n'ont plus.
Les premières photos, un empilage de 3 choses pour montrer qu'on peut atteindre les sommets de la tour Eiffel, sont montrées au Japon, une deuxième série sur les camions-bidons est remarquée par un jury de professionnels (FIIE), puis projetées aux Rencontres d'Arles. Le troisième travail enterpris est une restitution virtuelle d'objets perdus. Des photos prises sur des territoires différents et mis en ligne sur un site de gardiennage : www.objets-perdus.net
Dans l'optique de ré-enchanter le quotidien, Martine Camillieri cherche des façons inédites de prendre sa nourriture, elle conçoit des buffets décalés, simples et poétiques, réalise aussi des performances, ViolonJambon, ou des buffets sur mesure en travaillant avec des chefs. Donne des cours de cuisine aux enfants. Et poursuit des recherches (petits actes poétiques et individuels) de contenants et ustensiles alimentaires écologiques et biodégradables.
Elle est l'auteur de Tables Éphémères, petit livre de déco-décalée destiné à ré-enchanter l'habitude la plus
quotidienne qui est celle de se nourrir. Jouets détournés, manuel de bricolage régressif pour recycler les souvenirs d'enfance en objets utiles. À l'heure du goûter et Petite cuisine au fond du
jardin, véritables tout premiers petits livres de cuisine les enfants. Détourner les emballages, petit manuel d'écologie ludique. Collections fou de food et joli home, aux éditions Tana.
En 2007, elle crée avec Angélique Villeneuve, toujours pour les éditions Tana, une petite collection de livres de cuisine, dont elles sont auteurs parfois. Foood avec 3 o, où l'on voit que la
cuisine, c'est + que des chefs, + que des recettes, ++++... c'est des idées simples, des vies de tous les jours, des histoires à raconter, des inventions farfelues, des petits bonheurs...
En 2008, elle entame une collaboration avec Sabine Bucquet et les Éditions de l'Épure, un premier livre "Du bon usage des ustensiles,
interprétations libres de Martine Camillieri et Sonia Ezgulian", est concocté avec Sonia et photographié par Emmanuel Auger.