
Dans la meute, il y a une manière spéciale d'empêcher les membres d'une famille de loup de se battre entre eux. C'est ce qu'on appelle l'ordre
de dominance. Chaque membre de la meute a une place, ou rang au sein de cet ordre. Lorsqu'un loup de rang supérieur a un désaccord avec un loup de rang inférieur, généralement le loup de rang
inférieur cède sans se battre. C'est très important car les loups sont des animaux puissants dotés de dents pointues. S'ils ne savaient pas comment empêcher les combats, ils se blesseraient
sérieusement les uns les autres.
Les lois hiérarchiques que
subissent les meutes de loups sont relativement souples. La meute contient en général une classe supérieure formée d'un couple géniteur, qu'on appelle mâle et femelle alpha, une classe moyenne
constituée d'adultes qui ne procréent pas et, parfois, une classe sociale défavorisée qui regroupe les "exclus" ainsi que certains louvetaux à l'avenir prometteur.
On distingue facilement les loup meneurs de ceux qui sont soumis. Les meneurs se
tiennent droit, dressent les oreilles et la queue et fixent leurs congénères dans les yeux; les soumis, au contraire, s'approchent du meneur en fléchissant les pattes, en baissant la queue et en
rabattant les oreilles vers l'arrière. En général, il baisse le nez devant le museau de son supérieur pour demander de la nourriture.
Ces relations de domination/soumission ne signifient en aucun cas qu'il existe des
conflits à l'intérieur de la meute. Au contraire, elle permet de renforcer la cohésion entre les loup. Celle-ci est observable lors d'une cérémonie d'accueil entre loups, quand les animaux se
redécouvrent. On assiste alors à des manifestations de solidarité familiale et l'on voit tous les loups autour du mâle alpha, généralement le mâle le plus populaire de la
meute.
Les meutes de loups ont l'habitude d'avoir un territoire de chasse. La défense de celui-ci incombe aux loups de haut rang. Son étendue dépend de l'importance de la meute et de la densité de la population de gibier qui peuple ce territoire. Dans le nord-est de l'île de Vancouver (au Canada), les scientifiques ont observés une bande de 10 loups se contenter d'un territoire de 60 km², car le cerf à queue noire abonde dans cette région. Dans le Michigan, où la nourriture est plus rare, une bande de 4 individus requérait une région de 1300 km².
Le territoire, vaste ou exigu, qu'une meute s'annexe devient sa patrie, son domaine exclusif. Les loups qui y ont élu domicile tolèrent assez
bien les étrangers et leur accordent un droit de passage sans les harceler. Le territoire est toutefois jalonné de repères signifiant "défense d'entrer" sous forme de marques odorantes. Ces
repaires facilement visibles sont des souches, des branches, des rochers, etc..., disséminés le long des pistes, des carrefours, et que le loup marque de son urine. La majorité des marques sont
laissées par le mâle et la femelle dominants qui aspèrgent leur territoire tous les 100 mètres.
Le loup utilise beaucoup un autre sens pour, non seulement apporter une cohésion à l'intérieur d'une meute, mais aussi s'approprier un territoire: le son.
Par temps calme, une séance de hurlement peut signaler à la ronde la présence d'une bande sur un territoire de plus de 130 km². Le hurlement
constitue donc pour le loup une façon d'affirmer sa présence sur son territoire, tout comme le chant chez certaines espèces d'oiseaux. Par ses hurlements, le loup affirme: "Ce territoire est
le nôtre."; à cet avertissement, une meute des environs répliquera: "Celui-ci est à nous." Parfois, on entendra jusqu'à trois meutes dialoguer en choeur, chacune sur son propre
territoire.
La vie de famille