"Heroes" est le douzième album studio de David
Bowie, sorti en 1977, et le deuxième opus de sa « trilogie berlinoise », entre Low et Lodger.
L'album est considéré comme étant le plus représentatif de cette période, ayant été enregistré à Berlin même. Aussi, on peut noter sur cet album la présence de titres de chansons en langue allemande, ainsi qu'une claire référence au Mur de Berlin dans les paroles de la chanson "Heroes".
La chanson-titre existe en 3 versions dans la 2e partie de la chanson: la version officielle en anglais, une version française sur la version française de l'album et une troisième en allemand sur la compilation Rare en 1982.
En 1996, le compositeur de musique minimaliste Philip Glass s'inspire à nouveau de Bowie, qui à l'époque de la composition de cet album emprunte au mouvement minimaliste que lui a fait découvrir Brian Eno, pour composer sa Quatrième Symphonie.
L'album atteignit la troisième place du classement des meilleures ventes au Royaume-Uni et la 35e aux États-Unis. En 2004, la chanson Heroes est classée par Rolling Stone magazine au 46e rang parmi les 500 meilleures chansons de tous les temps.
Le chanteur anglais Peter Gabriel, a lancé son nouveau disque, Scratch My Back, le 16 février dernier : il y revisite la chanson Heroes de David Bowie pour l'occasion.
Le projet de Peter Gabriel est pour le moins ambitieux. Sur un premier album, l’artiste reprend un certain nombre de titres écrits par d’autres qui répondront ensuite par des reprises de Peter Gabriel sur un second opus. Avec Scratch my Back, c’est ainsi un dialogue musical entre plusieurs artistes que Peter Gabriel veut instaurer. On retrouve ici un goût de l’échange qui est, je pense, une constante de sa longue carrière et qui l’a conduit notamment à s’intéresser à la world music et à fonder un label pour sortir des artistes venus du monde entier. Finalement, il ne lui manquait qu’un album de reprises et c’est ce manque que vient combler Scratch My Back. Mais là où la plupart des musiciens se seraient contentés de reprises dans un sens, ce qui est déjà une belle forme de dialogue, Peter Gabriel va beaucoup plus loin en instituant un droit de réponse, si l’on veut. Reste, bien sûr, à savoir ce que ces reprises valent, mais l’idée me parait très intéressante.
L’ambition du chanteur va beaucoup plus loin encore, au risque même de paraitre démesurée. Non content de se lancer dans une dizaine de reprises, exercice toujours périlleux et souvent ennuyeux, il a en plus choisi d’abandonner tous les instruments liés, pour le dire vite, au rock. Tous les instruments amplifiés sont ainsi délaissés au profit d’un orchestre symphonique accompagné du piano et de la voix de l’artiste. Peter Gabriel a ainsi composé autant de pièces symphoniques que de reprises. Et quand je dis composé, je ne veux pas dire simplement réarrangé. Non, il s’agit véritablement de nouvelles compositions qui méritent tout l’intérêt de l’auditeur, même si elles ne sont pas toutes au même niveau.
Le risque était grand, et je crois que l’on peut utiliser la reprise de « Heroes » de David Bowie qui ouvre magistralement l’album, pour souligner à quel point Peter Gabriel a su rester éloigné de ce risque. Ce titre est intéressant, car il est l’un des plus connus de David Bowie, et c’est l’un des morceaux qui a servi à composer la bande originale de l’horripilant Moulin Rouge. Dans ce dernier, la reprise est limitée à quelques secondes et l’on est tenté de dire « tant mieux ». Tout, mais vraiment tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de reprise symphonique s’y concentre : les nappes de violons, les trompettes pour bien marquer que le moment est important et évidemment le duo de chanteurs au ridicule affirmé (voire assumé). Je mets cet extrait en ligne, si jamais vous ne l’aviez pas en mémoire, il est important de le réécouter. Placez ensuite l’album de Peter dans votre lecteur ou liste de lecture, et appuyez sur play. Je pense que je peux instantanément arrêter la comparaison, on ne saurait trouver deux versions plus éloignées. Les violons sont toujours présents, mais ils se font aussi légers que la voix de Peter Gabriel n’est pas pompière. C’est un morceau intime et émouvant (les montées en puissance, c’est toujours d’une efficacité redoutable), malgré l’orchestre, malgré la chanson et c’est une réussite là où la version Moulin Rouge n’est qu’une farce.
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Le clip de la reprise de Bowie, qui se retrouvera sur le prochain opus de l'ex-chanteur de Genesis, met en vedette Gabriel devant un mur de téléviseurs diffusant des images du séisme survenu à Haïti. Cette chanson se retrouve aussi sur un disque de chansons inédites, offert en téléchargement à cette adresse . Les fonds ainsi recueillis seront remis aux sinistrés d'Haïti.






